Hausse des prix du carburant : quels impacts sur l'import-export de marchandises ?

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L'escalade des tensions géopolitiques dans le golfe Persique perturbe fortement la circulation des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre l'Iran et Oman et par lequel transite une part importante du pétrole exporté par les pays du Golfe. Plusieurs navires y ont été attaqués et le trafic maritime a fortement diminué. Depuis le 20 juillet, une nouvelle menace concerne la mer Rouge : les Houthis, un mouvement armé yéménite soutenu par l’Iran et qui contrôle une partie du Yémen, ont annoncé vouloir bloquer les expéditions maritimes de l’Arabie saoudite passant par Bab el-Mandeb, le détroit situé entre le Yémen et l’Afrique. Plusieurs navires ont déjà modifié leur itinéraire. Lorsqu’ils évitent Bab el-Mandeb et le canal de Suez, les navires peuvent être contraints de contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance, un trajet beaucoup plus long. Ces perturbations compliquent le transport du pétrole et font augmenter son prix. Une hausse qui commence à se répercuter sur le coût du fret maritime et aérien.

routes maritimes de contournement

Pourquoi le prix du pétrole augmente-t-il ?

La hausse actuelle s’explique notamment par les perturbations qui touchent deux passages maritimes importants pour le transport du pétrole : le détroit d’Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb.

Le détroit d’Ormuz

Situé entre l’Iran et Oman, le détroit d’Ormuz est le seul passage maritime permettant de relier le golfe Persique au golfe d’Oman puis à l’océan Indien. Il est notamment emprunté pour exporter le pétrole et le gaz produits en Iran, en Irak, au Koweït, au Qatar et aux Émirats arabes unis. Une grande partie de ces volumes est ensuite acheminée vers l’Asie.

Plus de 20 % des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) transitent par le détroit d’Ormuz.

Depuis le début du conflit, les attaques contre des navires et les risques liés à leur passage ont entraîné une forte baisse du trafic. La diminution du nombre de navires qui traversent le détroit d’Ormuz perturbe mécaniquement l’acheminement du pétrole et du gaz.

Bab el-Mandeb

Bab el-Mandeb est un détroit situé entre le Yémen et l’Afrique qui relie l’océan Indien à la mer Rouge. Il permet aux navires assurant les liaisons entre l’Asie et l’Europe de rejoindre le canal de Suez puis la Méditerranée, sans avoir à contourner l’Afrique.

Environ 10 % du pétrole transporté par voie maritime et un quart du commerce mondial de conteneurs transitent habituellement par ce passage.

Depuis les premières attaques contre des navires commerciaux en mer Rouge en 2023, de nombreuses compagnies maritimes ont déjà modifié leurs itinéraires pour éviter cette zone.

La situation connaît une nouvelle escalade depuis le 20 juillet 2026, date à laquelle les Houthis* ont annoncé un embargo maritime visant l’Arabie saoudite. Plusieurs navires ont depuis modifié leur route. Le 23 juillet, les Houthis ont également revendiqué des attaques contre deux pétroliers saoudiens en mer Rouge, renforçant les inquiétudes sur la circulation des navires dans la zone.

Bab el-Mandeb
DETROIT ORMUZ FRET MARITIME
detroit ormuz et bab el mandeb fret maritime

Lorsqu’ils évitent Bab el-Mandeb et le canal de Suez, les navires peuvent être contraints de contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Pour certains flux pétroliers saoudiens, ce détour pourrait ajouter jusqu’à plusieurs semaines au délai d’acheminement. Le trajet est donc plus long, mobilise les navires davantage de temps et augmente leur consommation de carburant.

En résumé :

Les difficultés de circulation à Ormuz perturbent l’exportation du pétrole et du gaz produits dans le Golfe, tandis que les nouvelles tensions à Bab el-Mandeb compliquent également leur transport par la mer Rouge. Et la crainte de voir moins de pétrole disponible sur le marché mondial fait augmenter son prix.

Cette hausse se répercute ensuite sur les carburants produits à partir du pétrole et utilisés pour transporter les marchandises, notamment le fioul marin pour les navires et le kérosène pour les avions.

Lire notre article pour en savoir plus▸ Mer Rouge : attaques de navires marchands et conséquences sur le fret maritime

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* Les Houthis sont un groupe armé qui contrôle une grande partie du Yémen, notamment la zone côtière bordant la mer Rouge. Leur position géographique leur permet d'interférer directement sur le passage des navires dans le détroit de Bab el-Mandeb.

Hausse du Brent

Le Brent est un pétrole brut extrait en mer du Nord dont le prix sert de référence pour fixer le prix d’une grande partie du pétrole vendu dans le monde. Lorsque son prix augmente, cette hausse finit donc par se répercuter sur les différents carburants produits à partir du pétrole.

Le 22 juillet 2026, le Brent évoluait autour de 95 dollars le baril, sous l’effet des nouvelles tensions au Moyen-Orient et des craintes concernant l’approvisionnement en pétrole.

Cette hausse se répercute progressivement sur le prix des carburants utilisés pour le transport de vos marchandises : le fioul marin pour les navires et le kérosène pour les avions.

Quelles conséquences pour le transport maritime ?

Le carburant représente l’un des principaux postes de coût des compagnies maritimes. Lorsque son prix augmente fortement, les compagnies peuvent réévaluer leurs surcharges carburant, généralement appelées BAF (Bunker Adjustment Factor), qui viennent s’ajouter au taux de fret.

Les premières annonces ont déjà été faites. CMA CGM a annoncé l’application d’une nouvelle Emergency Fuel Surcharge (EFS) à compter du 1er août 2026. Pour les transports longue distance, elle atteint notamment 150 USD par EVP pour les conteneurs dry et 165 USD par EVP pour les conteneurs reefer sur les head hauls. La compagnie explique cette décision par la forte remontée du prix des carburants marins consécutive aux nouvelles tensions dans le détroit d’Ormuz.

À cette hausse du carburant peuvent s'ajouter les conséquences financières des changements d'itinéraires liés à la situation géopolitique. 

  • Le contournement de l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance rallonge le trajet de 10 à 20 jours de mer. Les navires consomment alors davantage de carburant.

  • Immobilisation des navires et des conteneurs : lorsqu’un voyage dure plus longtemps, le même navire réalise moins de rotations. Cela réduit temporairement la capacité de transport disponible et peut exercer une pression supplémentaire sur les taux de fret.

Hausse des prix du carburant : quelles conséquences pour le fret aérien ?

Le carburant constitue également un poste de coût important pour les compagnies aériennes. Une hausse durable du prix du pétrole peut donc conduire les compagnies à ajuster les surcharges carburant appliquées au fret aérien (FSC – Fuel Surcharge). Les modalités de calcul et les délais de répercussion varient selon les compagnies et les lignes concernées.
 

À cela s'ajoutent les contraintes opérationnelles liées aux zones d'exclusion aérienne au Moyen-Orient :

  • Rallongement des temps de vol : les avions peuvent être amenés à contourner certaines zones, ce qui augmente la distance parcourue et la consommation de kérosène.
  • Impact sur la capacité de charge : sur certaines liaisons nécessitant des détours importants, les avions doivent embarquer davantage de carburant. Pour respecter la masse maximale autorisée au décollage, les compagnies peuvent alors être amenées à réduire la quantité de marchandises transportées à bord (payload restriction).


Lire notre article pour en savoir plus▸ Moyen-Orient : impacts sur le transport maritime et aérien de marchandises

Nos experts sont là pour vous accompagner

Les surcharges carburant sont fixées par ces compagnies et évoluent en fonction de leurs propres coûts. Lorsqu’elles augmentent, elles se répercutent donc sur le coût global de l’expédition.

Dans le contexte actuel, nos équipes suivent les annonces des compagnies maritimes et aériennes afin d’anticiper autant que possible les évolutions tarifaires et opérationnelles susceptibles d’impacter vos expéditions. Nous veillons à vous proposer les meilleures alternatives de transport, lorsque cela est possible.

Combiné Sea-Air

La combinaison du transport aérien et maritime permet d'optimiser le transit-time et le coût du fret pour certains  acheminements depuis les principaux ports de Chine vers les hubs européens.